Depuis La Poétique d’Aristote, le théâtre semble destiné à donner à penser la condition et l’action humaines en tant qu’elles sont soumises à la finitude et à la contingence. La réponse aristotélicienne consiste à déployer une intelligibilité de cette condition et de cette action en associant les pouvoirs de la chronologie et de la logique. On sait que ces pouvoirs ont été remis en question plusieurs fois dans l’histoire du théâtre, en particulier à la fin du XIXe et à la fin du XXe siècle. Evénements, situations, discours, libérés des enchaînements traditionnels, contribuèrent à toutes sortes de nouveaux assemblages (ou de déliaisons) qui, par force, donnèrent à penser autrement. Je tenterai de m’intéresser à une dimension particulière de ces «figures de pensée», à savoir la disposition dans l’espace. La scène n’accueille-t-elle pas aujourd’hui des formes qui pourraient être comparées à des «cartes conceptuelles» ?

Danielle Chaperon, UniL

Image: binpage

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