Friedrich Dürrenmatt a profondément marqué le théâtre de langue allemande à partir de la fin des années quarante jusqu’aux années soixante. Avec ses deux pièces de théâtre La Visite de la Vieille Dame (1956) et Les Physiciens (1962), Friedrich Dürrenmatt est devenu un auteur dramatique de renommée internationale. Dans ses pièces il prend pour sujet le comportement moral de l’individu et de la collectivité, la relation entre le droit et la justice, la raison du mal, la rationalité et le hasard, la responsabilité politique des scientifiques, ainsi que les limites du savoir humain.

„Mes études de philosophie ont été le creuset où a mûri ma profession d’écrivain. Et quand je les ai laissé tomber, je ne les ai pas abandonnées“, se souvient plus tard Dürrenmatt en pensant à ses études. Après l’abandon de ses études, la philosophie est restée pour lui une source d’inspiration pour son travail d’écrivain. Il comprenait ses textes littéraires comme des expériences de pensée et des jeux d’esprit inspiré par la philosophie. Pour lui, penser est la tâche continuelle de chaque être humain et qui ne peut avoir de fin définitive à moins de se figer en un système, un dogme ou une idéologie.

A la suite de Socrate et de Sören Kierkegaard, Friedrich Dürrenmatt voyait la philosophie comme un devoir existentiel. Il attribue sa „dialectique des positions“ à Sören Kierkegaard comme son ancêtre philosophique le plus important. À l’opposition de Hegel, chez Kierkegaard il n’y a pas une dialectique des termes, mais une dialectique des positions existentielles. La pensée dramaturgique de Friedrich Dürrenmatt s’exprime dans ses personnages dramatiques. Les personnages représentent différentes positions existentielles qui sont juxtaposés.

Friedrich Dürrenmatt utilise le terme „dramaturgie“ comme une métaphore centrale de sa pensée. La „dramaturgie“ est pour lui non seulement un principe de composition de pièces bien élaborées, elle signifie pour lui en même temps aussi un mouvement dialectique de sa pensée dans des situations existentielles. Dans la pratique de son art, l’auteur dramatique écrit des rôles pour des idées : ce sont des pensées qu’il met en scène.

Michael Fischer, doctorant UniL