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Le Penser de la scène

La recherche de l’homme entier et ses figures de la totalité

Le théâtre est-il habitable? Image et tridimensionnalité dans les arts de la scène et en architecture.

Les arts de la scène partagent avec l’architecture la propriété d’être dotés d’une profondeur qui devrait, en principe, les rendre accessibles non seulement au regard, mais au corps tout entier. Or, tandis que l’architecture ouvre ses espaces à des visiteurs et même à des habitants, le théâtre, représente une suite d’événement à des spectateurs : tout se passe comme si le vocabulaire servant à décrire la réception de chacun de ces deux arts par leur public respectif insistait sur l’entièreté du corps dans un cas et le réduisait, dans l’autre, à la seule faculté visuelle.

La frontière n’est pourtant pas aussi nette qu’il n’y paraît. D’abord, parce que le mot théâtre désigne aussi bien un art qu’un édifice, ensuite parce qu’il existe un domaine, la scénographie, qui appartient autant à l’une des deux disciplines qu’à l’autre et enfin parce que le passage de la planéité de l’image à la profondeur du volume relève peut-être plus du glissement que du saut.

Des définitions que donne Vitruve du décor et de la scénographie, au culte de la surface des architectes postmodernes en passant par l’usage scénographique de la perspective et l’obsession de Le Corbusier pour « Le regard de l’homme », l’architecture entretient des rapports complexes non seulement avec le théâtre, mais aussi avec les questions plus générales de l’image et de la représentation. En confrontant les deux disciplines sur la question de leurs rapports avec leur propre profondeur physique, ce n’est pas seulement l’habitabilité du théâtre que l’on questionne, mais aussi celle de l’architecture et, de façon plus générale, de l’espace contemporain, qu’il soit matériel ou virtuel.

Sébastien Grosset, doctorant en philosophie à l’UniL

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